La démocratie Vénézuélienne en danger
Adolfo R. Taylhardat *
Dans l’élection présidentielle du Venezuela, Dimanche
prochain, 3 décembre, l’enjeu est la destinée démocratique du pays. Les
Vénézuéliens auront à choisir entre la perpétuation au pouvoir d’un président
qui prétend faire du Venezuela un pays communiste avec toutes les conséquences
que cela entraîne dans la suppression de
la liberté des citoyens et la liquidation de tous les droits civils et
politiques; ou bien, élire un mandataire qui offre consolider la démocratie,
respecter les libertés fondamentales et restituer la paix et l’harmonie dans un
pays divisé de façon artificielle par
l’implantation de la haine et l’intolérance.
La bataille électorale qui se déroule au Venezuela
est une confrontation atypique et asymétrique. Elle engage un candidat qui
conduit sa postulation dedans les paramètres normaux de toute campagne
électorale démocratique et respectueuse de la loi, et un candidat disposant de
tout le pouvoir qui lui est attribué par sa condition de chef d’État. Pouvoir
dont il abuse en employant dans sa campagne, de façon incontrôlable et non
contrôlée, des ressources matérielles, financières et humaines de l’État. En
plus, il se vaut ouvertement des intimidations et des menaces pour compromettre
le vote des employés de l’administration publique et des entrepreneurs privés
ayant des affaires avec le gouvernement.
D’un coté le
candidat de l’Unité Nationale, Manuel Rosales affronte avec aplomb les agressions
et les tentatives de sabotage de ses activités politiques par les activistes du
gouvernement. De l’autre coté, le secteur officiel, avec le président-candidat en
tète, fait recours à des actions de guerre sale, à des insultes personnelles et
à des accusations absolument infondées de
déstabilisation et de coup d’État.
Le président
Chávez, en assumant qu’il sortira vainqueur le 3 décembre, s’engage à accuser l’opposition
des actions comploteuses ayant pur but empêcher les élections ou méconnaître le
résultat final. À vrai dire, c’est
tout à fait le contraire. C’est Chávez lui-même qui déploie des mesures frauduleuses
pour empêcher la victoire de Manuel Rosales. Chávez est lui, le seul qui détient
les ressources et les instruments pour créer un conflit ou pour provoquer une
déstabilisation dans le pays. C’est Chávez qui dispose des groupes de choc
armés prêts à être mobilisés au moment qu’il le juge convenable. Toute
tentative de subversion de l’ordre public ou de coup d’État ne peut provenir
que du gouvernement. En plus d’être le seul à avoir la capacité pour ces faits,
il a des antécédents putschistes du fait que lui même et plusieurs membres de
son gouvernement ont participé dans des tentatives de coups d’état dans le
passé.
Il est évident que Chávez a l’intention de créer
une ambiance pour déchaîner une crise politique a fin d’empêcher la célébration
de l’élection où, le cas échéant, méconnaître le résultat. On ne peut pas
écarter la possibilité de qu’il fasse recours à provoquer une situation de
crise politique lui permettant de déclarer l’état d’urgence en arguant des
raisons de « sécurité de l’État ». Il faut que les amis de la
démocratie vénézuélienne, les media, les personnalités politiques d’autres pays
désavouent les accusations calomnieuses de putschisme attribuées par Hugo
Chávez à la société démocratique vénézuélienne.
* Ancien Ambassadeur du Venezuela en France